mardi, septembre 21, 2004

Que serais-je devenu sans les autres ?

Merci à toi le boulanger qui as tenu à me vendre cette baguette brûlée… Cela m’a mis dans une humeur massacrante. Je peux donc mettre à ton crédit cette soirée pitoyable que je vais passer.

Merci oui, car sans toi… comment aurais-je fait ? J’aurais trouvé quelqu’un d’autre à accuser ? Oui mais là, c’est tout trouvé, donc je n’ai pas à réfléchir, grâce à toi.
Car oui, c’est bien toi qui m’as pourri ce moment et mes prochaines heures.

Cette sensation que je ressens, c’est toi qui l’a provoquée. C’est toi qui as injecté ces hormones et créé cette soupe chimique qui me rend coléreux. C’est toi qui contrôle tout ça…

Sans toi, j’aurais peut-être connu la peur d’admettre que je suis responsable de mon ressenti, de mes émotions. Que ma tristesse, c’est moi qui la fabrique et qui l’entretiens. Que je suis la seule personne capable de produire ce qui se passe à l’intérieur de mon corps !

Mais je ne le ferai pas. Non car j’ai trouvé un coupable à ajouter à la liste que voici :

- Ma femme qui m’a trompé et quitté. C’est elle qui a gâché ma vie
- Mon fils qui est mauvais à l’école, c’est à cause de lui que je suis sous anti-dépresseurs
- Mon voisin qui a des nains de jardins, c’est sa faute si j’ai un tel dégoûts des « petites-gens »
- Quant aux informations, que je suis quotidiennement et rigoureusement…

Bref, merci, Monsieur le boulanger. Sans toi, je serais obligé de comprendre que je suis le seul à décider des chemins de ma vie.

Mais une autre tension arrive, là dans le bas du ventre… Car demain... Qui ?

Examen : expression écrite. Rédigez ce qui s’est passé avant et après…


Il la regarda : « mais je pensais qu’il suffisait de t’aimer ! »
Elle soupira, et s’en alla, la tête lourde et basse.

Mot d'Epinal ?

Believe.